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Rat de bibliothèque

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Penser comme un rat, par Vinciane Despret

 

Que penser de l’expérimentation animale lorsque que nous sommes attachés aux non-humains ? Que dire à ces chercheurs et philosophes qui ont avancé l'idée que l’animal est dépourvu de pensée et d’émotion ?

Vinciane Despret accuse l’exigence de silence quant aux sentiments des animaux. Non seulement elle montre qu’un animal peut être pourvu d’une réflexion mais en plus l’expérimenté aurait des attentes vis-à-vis de l’expérimentateur. Ainsi en fonction de la question posée les réponses ne seront pas les mêmes. Les animaux vont chercher à analyser ce qu’on leur demande. Les recherches sont donc souvent faussées si le scientifique ne s’est pas assez penché sur le comportement de l’interrogé.

Comme le titre l’indique Vinciane Despret s’attache aux rats qui sont très utilisés en laboratoire mais de nombreux autres animaux sont évoqués.

Une expérience flagrante de Rosenthal vise des étudiants et des rats. On dit aux étudiants que les rats dont ils disposent sont de deux catégories. La première comporte des rats de grande lignée, sélectionnés pour leur intelligence. La deuxième catégorie contient des rats banals, voir peu doués. Une série de tests sera effectuée avec ces rats par les étudiants. Les rats dits intelligents ont obtenu les meilleurs résultats. Inversement, les autres ont de moins bons résultats. Le fin mot de l’histoire est que ces rats venaient tous de la même animalerie du coin. Cependant Rosenthal n’en tire pas les conclusions auxquelles on s’attend. En effet il va alors exiger des scientifiques qu’ils soient le plus neutre possible vis-à-vis des animaux qu’ils étudient. Le chercheur doit être effacé pour ne pas fausser les résultats. Mais le chercheur le peut-il ? Si le chercheur en apprend d’avantage lorsqu’il est en interaction avec cette autre espèce que lui (Comme par exemple Barbara Smuts qui va contrer les demandes qui lui sont faites pour s’approcher des babouins qu’elle étudie. Elle ne le regrettera jamais.), si l’animal est en demande de cet échange, comment le chercheur doit-il réagir ?

Il a été démontré que plus on sollicitait l’animal de manière agréable, plus on obtenait de résultats et meilleurs ils étaient. Ainsi si on a pour habitude de récompenser un rat après un effort physique, lorsque l'on cessera de lui donner cette récompense, ses performances diminueront également. Il y aurait donc tout à y gagner. C’est ce que va donc proposer Orne en demandant à ce qu’il y ait un lien affectif, même minime, avec l’animal étudié. On va alors se demander non plus jusqu’où peuvent aller les performances d’un rat dans un labyrinthe mais qu’est ce que ce labyrinthe représente pour le rat et que pense-t-il qu’on attend de lui ?

En étudiant le comportement, on s’aperçoit que le rat rit suite aux chatouilles qu’on peut lui procurer et qu’un chien qui s’aplatit et s’immobilise suite à des décharges électriques ne le fait pas par stupidité ou absence de réflexion mais parce qu’il est inscrit dans son comportement que d’accepter la soumission fait arrêter la violence qu’on lui inflige.

Nous souhaitons donc bon voyage à monsieur Descartes et à ses disciples qui ont fait passer l’animal pendant des siècles durant pour un animal-machine. Descartes a certes été un des tournants de la considération animale mais il n’a pas eu son dernier mot tout comme les behavioristes d’ailleurs. Malebranche n’aurait pas mérité non plus d’avoir ce chien qu’il bâtait à mort en prétendant que les bruits qu’il faisait n’étaient que des bruits de mécanique.

Ainsi, aujourd’hui le bien-être de l’animal est prôné. Non seulement les lois sur l’expérimentation animale sont de plus en plus strictes, mais on cherche aussi à faire souffrir de moins en moins l’animal. Vincianne Despret n’est pas contre l’expérimentation mais elle encourage le respect et les diverses alternatives à la vivisection.

C’est un véritable tournant que prend la société et la recherche en ce qui concerne la relation avec l’animal. Et cela est encourageant. On passe de l’interdiction d’évoquer quelconques pensées et sentiments de l’animal à une véritable lubie moderne. N’ayant pas eu de sujets pendant très longtemps en ce qui concerne l’animal il y a de quoi rattraper le retard. De ce fait nous ne cherchons plus à nous demander comment l’ossature du rat est formée et ce qu'elle peut apporter à l’homme, mais comment Penser comme un rat, mieux le comprendre et comprendre ses interrogations vis-vis de nous.

Je me suis concentrée sur le rat évidemment mais il y a également une présentation très intéressante d’autres animaux comme les corbeaux et leurs habitudes de cacher les objets et nourriture, des chimpanzés ou des animaux « de consommation » comme le porc, la vache ou le mouton qui s’avèrent être des animaux d’une extrême intelligence. Pour cela je vous laisse en juger par vous-même. Bonne lecture !

Autre œuvre assez simple à comprendre et défendant point par point l’intelligence animale : Dominique Lestel L’animal est l’avenir de l’homme. Les liens entre l’animal et la mort, l’art et les drogues y sont notamment évoqués.

 
Merci à unefeecontrevous pour cet article

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