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Sciences et rat

Le rire étudié chez le rat

 

« Le rire est le propre de l’homme » disait Gargantua de Rabelais. Cette idée déjà très controversée dans les années 1970 par des primatologues a été annihilée par les scientifiques Jaak Panksepp et Jeffrey Burgdorf de l’université de Bowling Green State (Ohio).

 

Rats qui rient

En observant de jeunes rats en train de jouer et de se pourchasser gentiment de façon toujours très silencieuse à l’oreille humaine, ils ont constaté que les rats atteints de surdité étaient nettement moins portés aux chamailleries. Ainsi, il devait bien exister une forme de communication durant ces jeux. Intrigués, les chercheurs écoutent les rats jouer à travers un appareil qui détecte les ultrasons (utilisé notamment pour capter les sons des chauves souris). Le résultat ne se fait pas attendre : les rats produisent des ultrasons, plus ou moins forts suivant s’ils jouent (50KHz) ou se battent (20KHz).

L’origine de ces cris, poétiquement appelés gazouillements par Jaak Panksepp, restent pendant un temps mystérieuses : est-ce des couinements de joie ou encore d’excitation ? Pour le découvrir, les scientifiques isolent un rat et le chatouillent avec leur main. Le rat émet alors les mêmes ultrasons que lorsqu’ils jouent avec ses congénères. L’expérience est retentée avec plusieurs autres rats, qui se comportent de la même façon et taquinent la main lorsque celle-ci arrête de les chatouiller. Mais peut-on parler de rire pour autant ? La preuve que oui, puisqu’il a été démontré entre autres que les rats sont plus sensibles aux chatouilles sur certaines parties du corps et que les jeunes en raffolent encore plus. Leur rire est définitivement associé au plaisir.

Ont moins rit cependant les scientifiques qui ont fait cette découverte. En effet, la nouvelle a été très vite reprise par les médias qui s’en sont amusés (décidément !). Probablement vexés, les chercheurs n’ont plus voulu parler jusqu’à la sortie de leurs travaux, et sont sûrement restés enfermés dans leur laboratoire, à passer le temps en chatouillant des rats. On doit toutefois considérer un intérêt « humain » à cette découverte, puisque cela permet de mieux étudier les hormones de bien-être et ainsi lutter contre les dépressions.

 

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